The Cost of War Beyond Dollars


(a "Community View" published in The Journal News,  December 3, 2003)

This article is followed by a French translation below

The recent extensive press coverage  honoring our veterans was admirable.   Commendable as well were the stories illustrating how not all those who return from war zones are better off for their experience.  Aside from physical war wounds we read of suicides, domestic violence, and addiction. Many veterans languish for years forgotten in VA hospitals – scarred in mind and body.  In the glare of bright uniforms, waving flags and martial music one can easily forget the brutality and dehumanization that accompanies warfare.

One Green Beret was recently charged with “cowardly conduct as a result of fear,” later downgraded to dereliction of duty, because he had a panic attack upon seeing an Iraqi cut in half by a machine gun. While some soldiers were laughing as the corpse of the dead Iraqi was dragged past him, this man threw up and shook for hours with a pounding head and chest pains:  “From his waistline to his head everything was missing.”

I would suggest that his only crime was that of being all too human. Erasmus (1517) said it well:  “War is like a vast ocean of all the evils combined: under its influence sprouting buds wither, plants shrivel up, the frail collapse, the strong perish, and sweet things turn sour. It wipes out all traces of piety and religion. You cannot conceivably address a credible prayer to the father of all men when you have just driven a sword into your brother’s bowels.”

In war young men are called upon to kill other young men whom they don’t know.  They are ordered to do so by old men sitting in their war room who know, but do not fight, the old men on the opposing side. It brings to mind the photo of Donald Rumsfeld shaking Saddam Hussein’s hand when he was our ally.  Erasmus put it succinctly:  “Nowadays princes declare war in perfect safety, and the generals get fat on it; but the heaviest burden falls on the peasants and poor artisans who stand to gain nothing from it and had nothing whatever to do with declaring it.”  The leaders are not the bleeders.

Today more and more of our youth, born weaponless and now in their early 20’s, trained to be soldiers and not policemen, are being served up as cannon fodder.  They perish every day. I submit that the moral guilt of those who sanctioned this senseless war is mounting. The powers behind this tragedy make sure we never see any body bags; nor the returning coffins; nor the funerals that the president never attends.    So our dead heroes are buried in obscurity and the general public is shielded from a wake-up call.

I do not know how many of these dead heroes were poor Southern white kids, Blacks and Hispanics.  But I suspect quite a number. I wonder how popular this wasteful war would be with Westchester residents if Charlie Rangel’s proposal to reinstate the draft became law. Perhaps the hawkish mood of some armchair warriors would quickly evaporate.

**************************

Dépenses au delà des Dollars



L’étendue de votre reportage en honneur des anciens combattants de guerre furent louable.  Louable aussi furent  les histoires qui nous montrent à quel point ceux qui retournent des zones de guerre se trouvent dans un état pire qu’auparavant à cause de leurs expériences de guerre.  Les blessures physiques de guerre à part, nous apprenons des histoires de suicides, de violence domestique, et d’abandonnement aux drogues.  Beaucoup d’anciens combattants languissent pendant les années – oubliés dans les hôpitaux militaires – cicatrisés d’âme et de corps. Dans l’éclat d’uniformes brillantes, de drapeaux ondulants, et de la musique martiale on peut facilement oublier la brutalité et dé-humanisation qui accompagnent la guerre.

Un Green Beret fut accusé récemment de “conduite lâche à cause de peur » - accusation plus tard amoindrit à « la négligence de devoirs » à cause d’une peur de panique en  voyant un Irakien coupé en deux par une mitrailleuse. Pendant que quelques soldats riaient de voir le cadavre de l’Irakien traîné devant lui, ce soldat se mit à vomir et tremblait sans contrôle. Son supplice a duré pendant des heures et furent accompagnées de maux de tête et de poitrine.  Il balbutiait : « A partir de sa ceinture tout avait disparu. »

Je voudrais suggérer que son seule crime fut d’être trop humain. Erasme (1517) a bien dit :  « La guerre est comme un vaste océan où tous les maux sont combinés :  sous son influence les bourgeons se dessèchent, les plantes se ratatinent, ceux qui sont fragiles s’affaissent, les costauds périssent,  et les choses douces deviennent amères. La guerre efface toutes traces de piété et de religion.  Tu ne peux pas adresser une prière honorable au Père des hommes après avoir enfoncé une épée dans les entrailles de ton frère. »

Pendant la guerre les jeunes sont exhortés de tuer d’autres jeunes gens qu’ils ne connaissent pas.  Ils reçoivent leurs ordres de vieillards qui sont bien assis en sécurité dans des centres de commandement et qui connaissent  les vieillards de l’autre côté mais ne leur font pas la guerre.  On peut rappeler l’image de Donald Rumsfeld en train de serrer la main de Saddam Hussein quand il fut notre allié. Erasme dit succinctement : « Aujourd’hui les princes déclarent la guerre en toute sécurité et les généraux jouent à la guerre;  mais le fardeau  le plus lourd tombe sur les épaules des paysans ou des ouvriers pauvres qui n’en tirent aucun profit et qui n’avaient rien à faire avec la déclaration de cette guerre. »  Les chefs de guerre ne sont pas ceux qui saignent.

Aujourd’hui  plus en plus de nos  jeunes – nés nues et désarmés et qui maintenant viennent  d’avoir vingt ans à peine, s’entraînes comme soldats non gendarmes –sont exploités comme poudre à canon.  Ils périssent tous les jours. A mon avis la culpabilité morale de ceux qui ont sanctionné cette folle  guerre s’accumule.  Les puissants qui sont responsables de cette tragédie se rassurent que nous ne verrons jamais les sacs à cadavre, ni les cercueils qui retournent  chez nous, ni  les enterrements auxquels le Président n’assiste jamais.  Donc nos héros morts sont enterrés dans l’obscurité et la masse du public est empêchée  de voir la cruelle réalité de ce qui se passe.

Je ne sais pas combien de ces héros morts furent de pauvres blancs du sud de notre pays, combien de Noirs et de jeunes gens d’origine hispanique.  Mais je soupçonne qu’ils sont un grand nombre. Je me demande si cette guerre gaspilleuse  serait aussi populaire avec nos citoyens si la proposition du Congressman Rangel pour restaurer le service militaire obligatoire devenait la loi.  Peut-être l’attitude belliqueuse de nos guerriers de salon  disparaîtra  bien vite.

Richard Earl Cross
December 2003

(traduction française grâce à l’aide de Robert Boisvert et Medhat Credi)


Sources:

Desiderius Erasmus, The Complaint of Peace, in “The Praise of Folly and Other Writings.”  W.W. Norton & Company.  New York, 1989.

For the story of Sgt. Pogany see The New York Times.   November 6, 2003